Objectifs
Comprendre pourquoi un produit IA ne se conçoit pas comme une application classique, et en déduire ce que l'interface doit rendre possible.
Le fil rouge du module
Tout au long du module, nous utiliserons un assistant commercial fictif. Un client demande une remise. L'assistant consulte le dossier, prépare une proposition et rédige un message. La question de conception est toujours la même : à quel moment le commercial intervient-il, et que doit-il voir pour décider ?
Deux logiques différentes
Dans une application classique, un clic sur « Envoyer » déclenche une action précise : l'adresse est renseignée, le message est prêt, le système applique des règles écrites à l'avance. Le même geste produit le même résultat.
Avec l'IA générative, la même demande peut donner plusieurs réponses plausibles. Le contexte fourni, le modèle et ses réglages font varier le résultat. Surtout, une phrase qui paraît très sûre peut contenir une erreur.
Prenons la demande : « Prépare une réponse à ce client qui souhaite 20 % de remise. » L'IA peut rédiger une acceptation très polie, demander une validation ou proposer une autre remise. Le ton peut être impeccable dans les trois cas. Ce qui compte, c'est de savoir si la proposition respecte les règles du dossier.
Conséquences sur l'interface
- Distinguer la demande du client, les faits trouvés et la proposition de l'IA.
- Rendre la vérification et la correction faciles.
- Séparer clairement la production d'un texte et le droit d'exécuter une action.
Figure 1 : Séparer la demande, les faits et la proposition, puis distinguer la production du texte du droit d'agir.
Points d'attention
- Un pourcentage affiché par un modèle (« je suis sûr à 85 % ») n'est pas automatiquement une probabilité fiable.
- Une mention « l'IA apprend » ne signifie pas que le modèle se réentraîne à chaque échange. Le produit ne doit annoncer que ce qu'il fait réellement.
- L'opposition déterministe/probabiliste est un schéma simplifié : certaines sorties IA peuvent être rendues assez stables, et une application classique peut intégrer du hasard. L'essentiel est de prévoir des réponses variables et des erreurs possibles.
Mise en pratique
Comparez deux réponses simulées à la demande de remise de 20 %. Réponse A : « Bonne nouvelle, nous vous accordons 20 % de remise. » Réponse B : « J'ai préparé une proposition. La remise demandée nécessite une validation. Aucun message n'a été envoyé. » Quelles informations vous manquent pour choisir la bonne ? (Indice : règles commerciales, montant du devis, droits du commercial, accords déjà donnés.)